‘Et la vérité vous libérera’: Le don que Dignity fait au monde

‘Et la vérité vous libérera’: Le don que Dignity fait au monde

DignityUSA, 50e Anniversaire

Auteure: Mary E. Hunt

Traducteur: Michael Clifton

Vendredi, 5 juillet 2019, Chicago

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Bonjour. Prenons quelques instants de silence communautaire pour nous recueillir au moment où nous entrons dans cette célébration extraordinaire de 50 ans où nous avons été ‘Fidèles à nous-mêmes, fidèles à l’Esprit’.

Merci de vous être joints à ce moment de méditation collective alors que nous lançons les festivités du cinquantième anniversaire de DignityUSA. Ouah ! je veux juste dire Ouah !

C’est un de ces moments Ouah ! où l’on ressent tout le poids du miracle qui s’est produit et la pleine responsabilité de le faire avancer. Il est difficile d’exagérer à quel point il est remarquable de célébrer cinquante ans de vie fidèle, fabuleuse et maintenant aguerrie en tant que Dignity, compte tenu des obstacles redoutables auxquels nous et nos amis avons été confrontés dès le début.

Cela me rappelle les versets d’Actes 5,38-39, « Ne vous occupez pas de ces gens-là, laissez-les. Car si leur propos ou leur œuvre vient des hommes, elle se détruira d’elle-même ; mais si vraiment elle vient de Dieu, vous n’arriverez pas à les détruire ». Laissons l’histoire décider, mais comme je lis notre histoire, personne ne nous a encore arrêtés !

En Californie du Sud en 1969, le révérend Patrick X. Nidorf, O.S.A., prêtre de l’Ordre de Saint Augustin, a répondu aux besoins pastoraux des catholiques gays et lesbiennes. Cet acte apparemment sans importance nous a amenés, un demi-siècle plus tard, à ce jour glorieux. Lâchons un Alléluia.

Voici le texte de l’annonce de 1970 placée dans l’Advocate pour attirer les ‘gays catholiques’ : « Rejoignez DIGNITY, un groupe catholique d’hommes et de femmes gays intelligents. Nous partageons des façons réussies d’apporter la dignité dans nos vies. Discours honnête, sensibilité, gens sincères. Les candidats seront sélectionnés. Écrivez : Père Pat, Box 4486, N. Park St., San Diego, CA 92104. »

Cinquante ans plus tard, que nous soyons gays ou non, hommes ou non, femmes ou non, intelligents ou non, nous avons apparemment réussi les critères de sélection, et nous voici témoins de « façons réussies d’apporter la dignité dans nos vies ». Notre vérité collective nous a libérés. Ce n’est pas souvent que nous avons le privilège de nous voir dans un chapitre de l’histoire de l’Église. Mais ceci, mes amis de Dignity, est un de ces moments à savourer et à utiliser comme tremplin pour le prochain chapitre. Dieu sait que nous en avons besoin maintenant au moins autant qu’en 1969.

Je tiens tout d’abord à vous remercier tous d’être ici. Permettez-moi de remercier chaleureusement notre directrice générale Marianne Duddy-Burke, Peggy Burns, Logan Bear et Susan Bailey dont le travail inlassable a rendu cette célébration possible. Applaudissez également les coprésidents infatigables de notre colloque, Marty Grochala et Lewis Speaks-Tanner. Dignity Chicago mérite un hourra pour sa généreuse hospitalité. Je suis reconnaissant au Bureau de Dignity et à ses prédécesseurs d’avoir piloté cette organisation, depuis le salon de quelqu’un à Los Angeles jusqu’aux nombreux groupes locaux et groupes d’intérêt – y compris les Defenders, la Communauté Transgenre, les Femmes de Dignity, le Comité des Jeunes Adultes et autres – qui forment maintenant cette robuste communauté. Je remercie nos généreux bailleurs de fonds – fondations, groupes locaux et particuliers – dont l’argent nous permet de nous réunir.

C’est avec joie que je rends hommage à tous nos collègues internationaux du Réseau Mondial des Catholiques Arc-en-ciel (GNRC) qui vient de terminer sa troisième Assemblée. Votre sagesse et votre foi enrichissent notre rencontre sans mesure. Je vous remercie d’être ici. Sans effacer les différences ou les particularités, disons dans nos nombreuses langues, chacune et chacun à sa manière, « nous sommes Église ».

D’une manière spéciale aujourd’hui, j’honore la mémoire d’un de mes membres préférés de Dignity, feu Sœur Eileen DeLong de la Congrégation des Sœurs de la Charité du Bon Pasteur. Eileen avait l’âge de ma mère — elles auraient plus de 100 ans aujourd’hui. Elle était l’autre femme de ma classe de Master of  Divinity à la Jesuit School of Theology de Berkeley, Californie, à la fin des années 1970. Eileen avait beaucoup plus d’expérience ministérielle que la plupart de nos professeurs réunis, et elle avait une ‘option préférentielle’ pour nous, ses amis queers. C’était une femme gentille, joyeuse, intelligente, intrépide et pleine d’entrain. Très tôt et souvent, elle a prêté son nom, son talent et son énergie aux efforts en faveur de l’égalité, dirigeant Catholics for Human Dignity dans l’East Bay dans les années 1970, avant que de nombreuses personnes sachent écrire le mot ‘gay’.

Lorsqu’elle est décédée en 1995, à peine âgée de 80 ans, des amis ont créé un fonds destiné à amener les membres des communautés religieuses aux rassemblements de Dignity. Beaucoup ont bénéficié de cette générosité qui a ouvert des cœurs et des placards. Nous remercions tout particulièrement Scott McElhinney, collègue de la région de Bay Area, pour l’amour qu’il a porté à la gestion de la mémoire d’Eileen. Cette année, le fonds de legs d’Eileen, qui commence à épuiser ses ressources, a également contribué à amener certains de nos sœurs et frères internationaux à cette table. Je suis sûre qu’Eileen nous sourit, et je souris à la mention de son saint nom.

Ma contribution à notre conversation d’aujourd’hui se concentre sur trois aspects de ce que signifie dire dans les paroles de l’Évangile de Jean 8,32 : ‘Et la vérité te rendra libre’ : (ce que j’appelle) le don que Dignity fait au monde. Je vais explorer ce que signifie notre histoire, bien qu’il puisse sembler trop tôt pour une telle évaluation. Je vais jeter un coup d’oeil dégrisant sur la façon dont les choses ont changé depuis notre 40e anniversaire. Je terminerai par un rêve pour notre centenaire.

  1. Ce que signifie notre histoire, même s’il peut sembler trop tôt pour une telle évaluation

Permettez-moi de prendre un point de départ personnel. Alors que nous nous réunissons aujourd’hui, ma 50e réunion de classe du lycée Bishop Ludden High School de Syracuse, dans l’État de New York, commence également. Une amie chère sera mes yeux et mes oreilles ; son mari prendra des photos pour que je puisse supporter de la rater. C’est aussi le 50e anniversaire de mon premier été comme moniteur de camp au Camp Jeanne d’Arc, fondé en 1922, deux ans après la canonisation de Jeanne d’Arc. C’était un bon camp de filles catholiques dans les Adirondacks, maintenant géré sans ironie ni changement de nom par les Mormons.

En tant que jeune lesbienne, je ne m’imaginais pas que cinquante ans plus tard, j’allais célébrer ce qui était alors si problématique, être fidèle à moi-même et à l’esprit. L’idée que j’étais autre chose qu’une lesbienne ne m’est pas venue à l’esprit. Mais à cette époque, il y avait peu de sources de soutien et d’encouragement à dire la vérité sur la sexualité. Nous devions trouver et créer les nôtres. Dignity a été pour moi une de ces sources qui m’ont aidée à trouver ma vérité qui m’a libérée. C’était peut-être pour vous aussi. Soyons reconnaissants et célébrons sans cesse.

Comme nous le savons tous, c’est le 50e anniversaire de Stonewall. Cependant, il s’est passé tellement plus de choses qui ont déclenché notre mouvement que ‘Stonewall’ devrait toujours être considéré comme un raccourci pour une myriade de choses comme la fondation de Dignity qui a eu lieu plus tôt dans cette année fatidique, 1969, et la fondation de la Metropolitan Community Church par Troy Perry en 1968. La religion a joué un rôle clé dans l’élaboration des droits de LBGTIQ. Nous ne pouvons l’oublier.

Mais Stonewall est le nom que les gens connaissent. Tellement de personnes âgées homosexuelles disent maintenant qu’elles étaient aux émeutes de Stonewall que les rues de Greenwich Village n’auraient tout simplement pas pu les accueillir, tout en ayant encore de la place pour lancer des briques et des pennies. C’est une blague que le nombre de personnes qui prétendent maintenant avoir été dans les émeutes remplirait le Yankee Stadium ! Cela me rappelle les reliques de la Vraie Croix dont on dit qu’elles s’élèvent à la taille de l’État du Texas. Tels sont les mythes d’origine. Mais c’est formidable que tant de gens, quel que soit leur rôle réel, veuillent s’associer à un mouvement de libération qui, comme les mouvements pour les droits civils, contre la guerre, pour l’écologie et pour les femmes, a amélioré la société de façon incommensurable. J’aime à penser que nous étions tous à Stonewall in pectore, comme on dit en ‘catholique’, c’est-à-dire dans notre cœur. Je suis sûr que Lady Gaga et Donatella Versace seraient d’accord avec moi après leurs apparitions dans le quartier du Village lors des célébrations de la semaine dernière.

Les premiers pas humains sur la lune, la première de l’émission Muppets Show et l’iconique fête musicale de Woodstock font également partie du 50e anniversaire que nous célébrons cet été. Alors jetons un coup d’oeil à l’impact de Dignity sur l’Église et la société dans son premier demi-siècle.

Les commentaires de votre groupe local qui se trouvent sur la page web de Dignity racontent bien l’histoire. Dès le début, pour beaucoup d’entre nous, Dignity a été un refuge, un chez soi, un lieu d’église quand nous n’en avions pas d’autre. Les messes de Dignity et les événements sociaux ont été parmi les premiers endroits où les catholiques et d’autres ont pu faire la fête, flirter, rencontrer une fille ou un garçon sympathique à l’église, agir essentiellement comme des êtres humains qui avaient le droit humain à aimer avec intégrité. Nous pouvions aller à la messe sans être insultés ; nous pouvions recevoir les sacrements avec dignité.

Je sais que cela semble ancien et primitif pour les jeunes qui ont des applications de rencontre et qui vivent dans une société où l’amour entre personnes de même sexe est aussi commun qu’un téléphone portable, aussi omniprésent qu’Internet. Mais il y a cinquante ans, être nous-mêmes c’était être considéré comme un malade mental, qui pouvait être arrêté pour ne pas porter au moins trois articles de vêtement correspondant à son sexe, et c’était certainement un péché mortel dans le catholicisme d’exprimer notre amour sexuellement. C’est encore le cas dans de nombreuses régions du monde et dans certains secteurs moins privilégiés des États-Unis. Mais nous qui en sommes sortis, nous avons dit notre vérité, individuellement et collectivement. C’était cher payé, voire inabordable pour certains, surtout pour certains gens de couleur,  les pauvres, plus tard nos amis trans et intersexe. Certains ont payé de leur vie.

En cinquante ans, nous pouvons tracer une claire trajectoire vers la justice, malgré les hauts et les bas de l’histoire de Dignity par rapport à l’Église catholique romaine institutionnelle. Dans les premières années, il y avait quelques églises paroissiales et universitaires accueillantes et quelques prêtres courageux. Mais lorsque la lettre d’Halloween est parue en 1986, la Lettre aux évêques de l’Église catholique sur la pastorale des personnes homosexuelles (Homosexualitatis problema) approuvée par Jean-Paul II et signée par le cardinal Joseph Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, puis Benoît XVI, le vent a tourné contre nous. Je me suis rendu compte que la réaction punitive a provoqué une sorte de panique gay collective de la part du clergé qui craignait que notre présence ne révèle ses propres arcs-en-ciel. Mais il s’agissait alors d’une oppression pure et simple avec des conséquences juridiques dans le monde entier, car des groupes de droite étaient encouragés par les enseignements négatifs de l’Église. Les gens ont perdu la foi, ont secoué la poussière ecclésiale de leurs Birkenstocks. Des gens sont morts, certains se sont suicidés, à cause de ce document.

Beaucoup d’entre nous ont rejeté d’emblée l’enseignement de l’Institution. C’était un cas de non-réception. Un enseignement ne signifie pas grand-chose si les gens ne le reçoivent pas. Nous savions très bien que notre orientation sexuelle n’était en aucun cas désordonnée et que nos relations sexuelles n’étaient en aucun cas intrinsèquement un mal moral. Pensez à la guerre et à la cupidité, au racisme et à l’écocide si vous devez utiliser de tels termes, mais laissez-nous tranquilles comme l’a dit l’auteur d’Actes 5. Nous savions que nous étions de Dieu.

James A. Coriden, éminent professeur de droit canonique, explique ce que cela signifie de ne pas recevoir d’enseignement religieux :

« La réception n’est pas subversive de l’autorité légitime. Au contraire, il l’appuie et l’améliore… Dans les rares cas où les lois ne sont pas reçues, c’est parce qu’elles ne conviennent pas à la communauté. Les sujets croyants, remplis de l’Esprit, discernent  que les règles ne sont pas aptes à atteindre leurs buts déclarés ni le bien commun… La réception n’est pas une démonstration de souveraineté populaire ou un surgissement de la démocratie populiste. C’est une participation légitime de la population à sa propre gouvernance. Ils collaborent activement avec les autorités législatives de leurs communautés. Ils exercent simplement, d’une manière responsable, leur rôle légitime dans la fonction dirigeante de l’Église.”[1]

Néanmoins, de nombreuses personnes LGBTIQ et leurs familles et amis ont été profondément lésés par cet enseignement – ce que j’ai longtemps appelé la ‘pornographie théologique’. Une telle théologie chosifie les personnes, banalise le sexe et conduit à la violence sexiste. Mais sa conséquence involontaire était que les gens en fait ont pris la gouvernance de l’Église entre leurs mains. Dignity, ainsi que la Conférence pour les Lesbiennes Catholiques, New Ways Ministry, la Women’s Alliance for Theology, Ethics and Ritual (Alliance des femmes pour la théologie, l’éthique et les rites, WATER), Communications Ministry, plus tard Fortunate Families, la Equally Blessed Coalition, Call to Action, et maintenant de courageuses communautés religieuses, séculières et interreligieuses, ou les femmes-en-Église, sont d’autres lieux de culte pour les catholiques qui ont été scandalisés par les enseignements de l’Institution.

Le VIH/SIDA est intervenu dans les années 1980 et 1990. Nous avons perdu des dizaines de membres de Dignity, entre autres dans le monde. L’Église institutionnelle s’est déshonorée dans bien des cas en n’offrant pas de soins pastoraux de base pour accompagner, bénir et enterrer bon nombre de nos amis, pour aider leurs familles à faire face à une perte indicible en leur disant ouvertement pourquoi leurs enfants sont morts et en parlant respectueusement de leur vie et de leur amour. Les femmes se sont avancées pour prodiguer des soins et exprimer leur solidarité. Les hommes et les femmes en sont venus à s’apprécier les uns les autres, et Dignity, qui était un groupe majoritairement masculin, a commencé à avoir un aperçu de la force et du pouvoir des femmes catholiques. Nous sommes unis aujourd’hui.

La vérité sur la mort de nos amis nous a libérés. Je suis allé à des funérailles où régnaient l’euphémisme et le mensonge au sujet du défunt. Certaines funérailles de catholiques ont eu lieu dans des églises protestantes, en particulier dans les églises de la Metropolitan Community Church qui ont fait preuve d’héroïsme dans leur ouverture œcuménique, ou simplement dans des salons funéraires où les paroisses catholiques n’ont pas voulu les autoriser. Cela reste un péché pour lequel l’Institution peut un jour implorer le pardon. FAISONS UNE PAUSE POUR RAPPELER NOS MEMBRES DÉFUNTS.

Au fil des ans, au fur et à mesure que l’amour entre personnes de même sexe a été progressivement déstigmatisé et est finalement entré dans le courant dominant des secteurs privilégiés de la société, en particulier avec l’égalité du mariage, Dignity a amené des collègues à affirmer clairement et fermement que la discrimination selon l’orientation sexuelle et l’identité de genre ne pouvait être séparée du racisme, du sexisme, de la xénophobie, de l’injustice économique et autres choses semblables. Dignity n’a pas été parfaite – par exemple dans les luttes au sujet des femmes célébrantes, le langage inclusif et la justice reproductive, pour ne nommer que certaines des questions internes contestées. Mais Dignity a gardé le cap, cherchant la vérité aussi insaisissable soit-elle, et essayant d’apprendre des collègues internationaux et interreligieux alors que nous cherchons à faire Église, car en fait nous n’avons pas d’Église.

J’ose dire que nous avons réussi au-delà de nos rêves les plus fous. Dire notre vérité collective et y insister a fait de nous ceux qui, dans certaines coalitions œcuméniques, sont perçus comme ‘les catholiques’. Notre travail influence l’opinion et les politiques publiques alors que les gens de bien cherchent le bon sens au milieu de la folie. Le fait que Dignity accueille cette troisième réunion du Réseau Mondial des Catholiques Arc-en-ciel (GNRC) est la preuve que nous ne sommes pas seuls, que nous faisons partie d’une Église catholique internationale et que nous ressemblons aux personnes présentes dans cette salle. Que Dieu soit loué.

La dernière fois que nous nous sommes réunis pour un grand anniversaire, notre 40e, en 2009, nous étions en bonne voie. Mais beaucoup de choses ont changé depuis lors qui ont façonné notre cinquième décennie et sans doute notre avenir. J’y reviens maintenant.

  1. Un regard dégrisant sur la façon dont les choses ont changé depuis notre 40e anniversaire

Mon ami du nord de l’État de New York, Tom Yates, a eu l’amabilité de me fournir une vidéo de mon discours-programme du 40e anniversaire devant ce groupe, le 3 juillet 2009. Je peux vous dire que mes cheveux ont grisonné, mes lunettes ont changé, mais ma pugnacité fondamentale est toujours intacte. En une décennie, le monde a basculé lorsqu’il s’agit de l’Église catholique et de l’État américain. Ces changements ont façonné notre vie dans Dignity et tout porte à croire que la trajectoire se poursuivra dans un avenir prévisible.

Dans toute l’innocence du début des années 2000, j’ai dit dans ce discours du 40e anniversaire que l’Église catholique romaine n’est pas la seule expression de ce que cela signifie d’être catholique. J’ai affirmé que nous, et non le clergé, devons être des adultes qui prennent des décisions, et que le mot ‘catholique’ dans son sens originel était un choix intelligent dans un monde interreligieux et de plus en plus sécularisé. Pour le début c’est bon, j’ai pensé, en regardant la vidéo d’il y a dix ans.

J’ai parlé de la faillite morale, spirituelle et financière de l’Église institutionnelle. J’ai cité les coûts de la pédophilie, tant sur le plan personnel qu’économique. J’ai parlé de la faillite spirituelle de l’Église institutionnelle alors qu’elle lançait la Visite Apostolique des communautés religieuses de femmes et à l’Évaluation Doctrinale de la Conférence des dirigeantes religieuses qui battaient leur plein. J’ai brossé un tableau de la situation financière, de la façon dont les paroisses fermaient à cause des indemnisations pour pédophilie, surtout les frais juridiques. J’en ai conclu que le mauvais traitement que Dignity avait reçu était un signe avant-coureur des choses à venir pour toute l’Église.

Encore une fois, j’étais plutôt sur la bonne voie, surtout quand je nous ai appelés ‘fidèles et fabuleux’, quand j’ai souligné l’hétérosexisme et non l’homosexualité, qui était un nouveau cadre à l’époque, et j’ai cité le président Barack Obama qui a affirmé que le progrès réel dépend « non pas des lois que nous changeons, mais des cœurs que nous ouvrons ». Il nous a donné notre ordre de marche en tant que peuple religieux. Bien sûr, la Loi sur la défense du mariage et la loi Don’t Ask/Don’t Tell étaient toujours en vigueur et il y avait donc beaucoup de travail à faire. J’ai conclu mes remarques pleines d’entrain par les merveilleuses paroles du mouvement  femmes-en-Église, à savoir que « les besoins du monde et non les manquements de l’Église fixent l’ordre du jour ». Je ne savais pas à quel point ils seraient entrelacés au cours des dix prochaines années.

Je ne rejette pas mon analyse, mais j’avoue ma naïveté. Je n’ai pas vu venir ce qui nous a tant façonnés au cours de la dernière décennie, à savoir l’implosion de l’Église catholique romaine institutionnelle et la violation totale de la démocratie américaine et la politique publique honteuse et dangereuse qui en résulte. Permettez-moi de les esquisser tour à tour.

Comme beaucoup d’entre vous, je pensais que nous étions en désaccord idéologique avec l’Église catholique romaine, que le Vatican avait toutes les cartes en main et que nous étions relégués en marge par les patriarches pour des raisons de principe. Cela aurait été relativement facile, voire décent. Au lieu de cela, nous avons été témoins d’un niveau de corruption ecclésiale égalé uniquement par la mafia, d’un degré de dépravation morale rarement vu dans les cercles religieux, et d’une dissimulation de la vérité, faite d’un tel empilement de mensonges que la plupart ne seront jamais mis à jour dans notre vie. Il ne s’agit pas seulement de questions idéologiques, mais aussi de questions criminelles. Je n’ai pas vu cela venir avec la force et l’impact qu’il a eu.

Ma compagne Diann Neu a observé astucieusement que pendant toutes nos années de travail, l’Église institutionnelle a dissimulé des comportements criminels et que c’est une des principales raisons de la virulence de ses positions anti-femmes, anti-LGBTIQ, anti-reproductives qui sont si exagérées dans la politique théologique actuelle et si destructrices pour la foi et la communauté, sans parler de la vie des gens. Diann Neu avait raison.

L’implosion est réelle et durable, car l’Église catholique romaine perd des parts de marché et les gens cherchent à se distancier de la puanteur de la corruption. Je ne le dis pas avec satisfaction. Je ne prends aucun plaisir à savoir le prix que les survivants d’abus sexuels cléricaux et de leur dissimulation ont payé, et ce sont des gens qui ont au moins survécu. Je nomme plutôt ces éléments comme les forces qui ont façonné l’Église catholique romaine institutionnelle qui a jeté le discrédit sur l’Église catholique romaine dans le monde entier, bien que nous n’ayons vu que la pointe de l’iceberg. Les catholiques restent le groupe religieux le plus important aux États-Unis, mais les ex-catholiques viennent au deuxième rang. Cela a des conséquences matérielles pour nous en tant que Dignity.

Nous sommes maintenant ce à quoi beaucoup de gens pensent lorsqu’ils pensent, si tant est qu’ils pensent, à ‘catholique’. On peut sûrement comprendre pourquoi tant de catholiques de naissance sont plus que dégoûtés. Mais cela me choque de voir que nous, Dignity et amis, sommes maintenant ce que certains pourraient appeler des catholiques presque ‘ordinaires’ en ce sens que nous nous occupons même de la tradition, allant jusqu’à la valoriser. Nous ne sommes pas des béni-oui-oui ni des ‘bonnes âmes’. Dieu sait que nous ne sommes pas si irréprochables que nous puissions jeter des pierres. Mais au moins nous nommons notre vérité et elle nous rend libres d’être des êtres humains décents qui travaillent avec d’autres êtres humains décents, catholiques ou non, pour créer un monde juste et aimant. Ce n’est pas ainsi que l’Église catholique romaine institutionnelle est perçue aujourd’hui.

Les raisons abondent. Quelques cas donnent la saveur, amère comme elle est. Il y a dix ans, le cardinal Theodore McCarrick avait terminé son mandat de chef de l’archidiocèse de Washington, DC et était déjà une sorte d’électron libre en relation nominale avec une église à Rome alors qu’il recueillait des fonds pour la Fondation papale. Je n’aurais pas pu imaginer l’ampleur de ses abus sexuels, le nombre de séminaristes et de prêtres dont il aurait profité. Un Monsieur McCarrick simple laïc est maintenant assis dans un monastère du Kansas, chanceux d’avoir un toit au-dessus de sa tête et pas de barreaux sur les portes.

Son successeur, Donald Wuerl, était archevêque en 2009, sur le point de devenir cardinal à Washington, DC, un vrai ambitieux. Mais j’aurais dû me dire, après ses tentatives infructueuses de s’opposer à l’archevêque progressiste Raymond Hunthausen à Seattle, que Wuerl ne faisait rien de bon. En fait, il a reçu des centaines de mentions dans le rapport du Grand Jury de Pennsylvanie (été 2019) comme quelqu’un qui a souvent fait la mauvaise chose en termes de traitement des prêtres qui abusaient. Il a menti carrément – appelant cela un ‘défaut de mémoire’ – lorsqu’on lui a demandé ce qu’il savait des accusations portées contre McCarrick. Il a été pris en flagrant délit lorsqu’une victime lui a rappelé que lui, Wuerl, avait signalé le cas de McCarrick au Vatican. Même le pape François a perdu de sa réputation dans ce scandale, faisant l’éloge de Wuerl alors qu’il était sur le départ. C’était profondément offensant pour de nombreuses victimes d’abus. On ne sait pas où se trouve Wuerl, mais on peut parier qu’il se trouve sur un poste confortable à Rome, dans la manière de Raymond Cardinal Burke et Bernard Cardinal Law. C’est comme ça la retraite des vieux copains. Ce n’est pas édifiant pour les catholiques.

Ce ne sont là que quelques cas parmi des milliers d’inconduite sexuelle de prêtres : la plupart de l’inconduite est criminelle et dissimulée par une myriade d’évêques, sans parler des coûts des litiges et des indemnisations qui ont désabusé les catholiques de base. Ce n’est pas une blague que les ex-catholiques sont la deuxième plus grande dénomination aux États-Unis. Quoi que l’on pense de l’Église, il s’agit d’un triste et honteux vol de la tradition religieuse des gens perpétré par les dirigeants de leur dénomination. Nous, nous avons Dignity, les Communautés Eucharistiques Intentionnelles et les groupes de femmes-en-Église. La plupart des catholiques n’ont pas de telles options.

Je peux me passer de ces gens, avec Dignity et des groupes de femmes-en-Église, y compris ma propre communauté de base locale, comme soutien. Faire ainsi, cependant, c’est ignorer la trahison profonde et sérieuse de ce qui est le plus cher à des millions de personnes – leur foi en Dieu et leur engagement envers le mouvement de Jésus vécu comme catholiques. C’est leur droit humain, aujourd’hui abrogé par les actions de nombreux religieux. Pour moi, dire adieu à nos verts pâturages serait une façon cavalière et impitoyable d’agir. Je pense plutôt que nous, dont la vérité nous a libérés, avons la responsabilité de créer de nouvelles formes d’Église pour les autres, comme pour nous-mêmes.

L’implosion de l’institution signifie que nous sommes vraiment Église maintenant d’une manière que nous n’avions jamais prévue. Faites attention à ce pour quoi vous priez, comme le dit le vieil adage. Nous sommes les gens que certains considèrent comme ceux qui essaient avec fidélité de porter le poids de l’Évangile. Nous sommes un peu comme les religieuses, maintenant considérées plus comme les véritables catholiques que n’importe quel évêque. Les moniales sont l’Église à la frontière, à la soupe populaire, à la clinique, en prison, l’Église vivant simplement et en communauté. Mais dans ce pays, leur âge médian est de 80 ans et leurs ressources financières sont minces.

C’est la nouvelle réalité dix ans plus tard. Nous et les moniales, ainsi que nos collègues de la réforme de l’Église et les groupes de femmes-en-Église, devenons plus visibles à mesure que l’Église institutionnelle se rétrécit et se dessèche à cause des mensonges effrontés et du comportement brutal de ses dirigeants, les uns envers les autres et envers nous tous. Le fait est que de nombreux catholiques ont quitté le navire pour de bonnes raisons et ne regardent pas en arrière. Pourtant, leurs bébés tombent malades, leurs parents meurent, ils perdent leur emploi, veulent se marier, et ils rencontrent les nombreuses autres expériences de vie que les générations précédentes ont vécues dans leurs communautés de foi. Qu’on le veuille ou non, qu’on soit religieux ou non, être religieux selon ses propres termes est un droit humain qui est annulé pour de nombreux catholiques.

Pensez à l’évêque de Virginie-Occidentale Michael Bransfield qui a démissionné sous l’accusation de harcèlement sexuel d’adultes. Ça aurait été déjà assez dur. Maintenant, nous découvrons qu’il a gaspillé des millions de dollars diocésains, donnant de gros cadeaux à des gens comme le cardinal Donald Wuerl. Nous apprenons que l’archevêque William F. Lori, chargé d’enquêter sur Bransfield, a fait en sorte que son propre nom soit effacé de la liste de ceux qui recevaient des fonds, ainsi que les noms d’autres hauts dignitaires religieux. La mafia n’est rien à côté de ces gens, et ils font fuir les catholiques par les portes.

Les groupes locaux de Dignity, les femmes-en-Église et d’autres Communautés eucharistiques intentionnelles prennent le relais. Je connais des gens de paroisses cossues qui apportent leurs chaises dans le jardin des voisins pour célébrer l’Eucharistie, souvent avec des femmes prêtres. Certaines personnes qui allaient autrefois dans les paroisses sont trop gênées pour dire à leurs enfants que les femmes ne peuvent être ordonnées, alors elles les emmènent à ces messes pour leur montrer qu’il y a des femmes prêtres. Je connais un ordre de religieuses dont l’aumônier de la maison mère est une femme pasteure protestante. Qui a vu tout cela venir en 2009 ? Pas moi. Mais j’ai vu Dignity engagé dans les œuvres de justice et j’ai donc eu des indices sur la façon d’avancer maintenant que nous sommes Église.

La récente déclaration de la Congrégation du Vatican pour l’Éducation Catholique datée du 2 février 2019 et apparemment publiée à temps pour célébrer la Fierté, ‘Homme et femme il les créa’ : vers une voie de dialogue sur la question de la théorie du genre dans l’éducation est pour beaucoup la goutte qui fait déborder le vase. C’est un document intellectuellement douteux qui aurait pu être écrit en 1950, étant donné son peu de finesse sur le sexe et le genre. Sous prétexte de dialogue, les écrivains répètent de vieux tropes binaires et hétérosexistes sur les hommes et les femmes, laissant de côté la réalité des personnes trans et intersexuelles comme si elles étaient le fruit de notre imagination. Au contraire, les catholiques trans et intersexe sont nos frères et sœurs, nos parents, nos amis, nos camarades catholiques. Joignez-vous à moi pour leur promettre nos ressources et notre soutien jusqu’à ce que leur discrimination prenne fin.

On pourrait ignorer un tel document, si ce n’est qu’il a des conséquences matérielles sur de nombreux fronts, notamment dans l’enseignement catholique, où des personnes en situation légale de mariage homosexuel sont licenciées sur la base de cet enseignement. À Indianapolis, dans l’Indiana, trois lycées catholiques ont subi des pressions pour congédier les enseignants et le personnel qui sont mariés à des partenaires de même sexe. Deux écoles se sont conformées aux menaces, et seule l’école jésuite indépendante a pu, grâce à son privilège (elle est propriétaire de l’école tandis que les autres sont la propriété de l’archidiocèse), résister aux conséquences d’une déclaration de ‘non catholicité’. Il est risible que l’archidiocèse pense que les gens vont imaginer une école jésuite autre que catholique. Mais le fait est que la vérité n’a pas de prix et que le fait d’avoir les moyens de s’offrir sa théo-politique ne devrait pas être un privilège. Regardez les catholiques fuir vers les portes à Indianapolis alors que l’évêque local s’embourbe encore plus dans cette politique. Entre-temps, nos frères et sœurs trans et nos amis intersexe ont besoin de tout le soutien possible pour les aider à dire leur vérité – contre la médicalisation, en faveur du choix – afin qu’eux aussi puissent vivre librement.

L’Église catholique romaine a implosé en même temps que le processus électoral démocratique des États-Unis a été infecté par l’influence russe, attisant les flammes de la suprématie blanche, des misogynes, des climatosceptiques, de l’homophobie et du rejet des immigrants. Les résultats des élections de 2018 ont été désastreux au-delà de ce que l’on pouvait imaginer. Les évêques appuient tant de politiques de l’administration actuelle – liberté religieuse utilisée pour discriminer, opposition à l’avortement – qu’ils n’ont aucun prestige moral. C’est à nous, catholiques LGBTIQ+ et à nos collègues de dire non aux chars d’assaut dans nos rues, aux morts sont nos frontières, à l’écocide et au racisme, à la guerre nucléaire.

Ce n’est pas alarmiste après presque trois ans de l’administration actuelle, avec deux juges de la Cour suprême nommés par Trump (des garçons de l’école catholique, soit dit en passant), de dire que nous sommes ‘in extremis’ non seulement à l’église, mais dans la société. Nos valeurs les plus profondément enracinées en tant que catholiques – homosexuels ou hétérosexuels, cis ou trans, non binaires ou non – incluent l’amour du prochain. Dites ça à l’homme et à sa fille qui se sont noyés dans une rivière à la recherche de leur vérité en route vers les États-Unis. Une autre valeur est que nous sommes tous faits à l’image de Dieu. Dites ça aux jeunes Afro-Américains dont le profil racial est établi dès leur naissance et jusqu’à ce qu’un grand nombre d’entre eux meurent jeunes dans nos rues. Une autre valeur catholique (et c’est une valeur juive, bouddhiste et humaniste, et une valeur pour les personnes sans conviction religieuse) est que la Création est sainte et à chérir. Dites ça aux habitants des pays insulaires qui n’existeront bientôt plus, ou aux parents qui font face à l’asthme de leurs enfants à cause de la pollution atmosphérique. Une autre valeur est que les soins de santé sont un droit. Dites ça à une femme du Missouri qui cherche à mettre fin à une grossesse ou à un homme âgé en Floride qui ne peut pas se payer ses médicaments pour le cœur.

Cette litanie est interminable alors que l’administration actuelle fait son commerce ignoble en rognant sur les acquis des femmes, des gens de couleur, des pauvres, des immigrants et de la planète. Ce n’est pas le moment de s’inquiéter de savoir qui peut recevoir la communion ou qui a eu un mariage licite, comme certains dirigeants de l’Église catholique le feraient. C’est plutôt le moment politiquement le plus important de ma vie où la guerre nucléaire est une possibilité réelle, où la catastrophe écologique est déjà en cours avec des milliers d’espèces perdues, où la sécheresse et la famine tuent des millions de personnes, et oui, nos droits durement acquis, encore à gagner dans de nombreuses régions du monde, sont dans un état très précaire. Dire la vérité au pouvoir n’est pas un luxe pour les blancs, les cis-genrés, les privilégiés instruits, mais une tactique de survie pour tous. Le don de Dignity au monde est la prise de conscience que nos luttes font partie d’un mouvement plus large vers la justice et que nous y sommes pleinement engagés. C’est notre don que nous devons continuer à donner.

Les croyants ne sauveront pas le monde. Mais nous qui avons appris que la vérité nous libère, nous sommes obligés de nous joindre à la lutte commune et intersectionnelle avec toutes les ressources que nous pouvons mobiliser jusqu’à notre dernier souffle. Ainsi, si la vérité peut nous libérer, il n’y a aucune garantie, et je conclurai sur ce point.

  1. Un rêve pour notre centenaire

En 2069, lorsque Dignity célébrera son centenaire, la plupart d’entre nous dans cette salle, et la plupart des membres et alliés actuels feront partie du chœur céleste. Néanmoins, nous pouvons rêver de ce que les enfants de nos enfants pourraient vivre, tout comme nos grands-parents et arrière-grands-parents, dont beaucoup étaient des immigrants catholiques, ont pu rêver pour nous. Il n’y avait aucune garantie à l’époque et il n’y en a pas plus maintenant.

Aussi généreux et attentionnés qu’aient pu être leurs rêves, nos ancêtres n’auraient pu nous imaginer ici aujourd’hui célébrer des modes de vie dont ils n’avaient aucune idée. Mais ils nous ont donné plus que leurs rêves. Ils nous ont donné leur foi en l’amour divin infini auquel nous participons. Ils nous ont appris à espérer contre toute attente. Ils nous ont montré comment dire la vérité au pouvoir et vivre dans la justice les uns avec les autres, et ils nous ont aimés. Le reste s’est débrouillé tout seul.

Un jour, nous avons rêvé que Dignity pourrait être connectée internationalement comme Église. Aujourd’hui, avec nos amis du Réseau Mondial des Catholiques Arc-en-ciel, c’est le cas. Rêvons maintenant que Dignity et nos sœurs et frères mèneront le même travail disant la vérité et changeant le monde, pour éradiquer le racisme, la xénophobie, la guerre, l’écocide et l’injustice économique, comme le travail que nous faisons sur le sexe et le genre. C’est notre nouveau rôle en tant que catholiques en quête de justice, de travailler sur toute injustice, et pas seulement sur une injustice particulière.

Je rêve que nos enfants et petits-enfants puissent trouver leur vérité qui les libérera. Je rêve qu’ils trouvent des professeurs et des modèles, des amis et des amants qui les accompagneront comme nous avons été si bien accompagnés dans cette lutte. Je rêve qu’ils vivront, selon les mots de la poétesse guatémaltèque Julia Esquivel, comme nous, « menacés de résurrection ».

Nous ne pouvons pas projeter plusieurs générations en avant. Mais si tout n’est pas détruit d’ici là, je suppose que les robots se chargeront d’une grande partie du travail lourd. Je soupçonne que les mariages mixtes se feront entre personnes de planètes différentes. J’ai l’intuition que l’esprit humain continuera à chercher un sens et une valeur. Je prédis que l’une des sources de cette signification, parmi tant d’autres croyances et perspectives encore inimaginables, sera une concentration catholique cosmique sur le sacrement et la solidarité qui embrasse les planètes, les gens, les animaux et les êtres que nous ne connaissons pas encore en amour divin, et qui baigne tout cela dans la lumière divine.

Comme nos ancêtres, nous léguons des valeurs et une histoire, des coutumes et des pratiques à ceux qui nous suivent. Nous avons peu de contrôle sur la façon dont leur vie se déroulera, sur ce que les cinquante prochaines années nous réservent. Pourtant, je rêve que nos descendants de Dignity et leurs amis infiniment variés puissent prendre notre humble don de dire la vérité et l’utiliser pour libérer le cosmos pour aimer en abondance.

Merci et que Dieu vous bénisse.

[1]                The Canonical Doctrine of Reception par James A. Coriden, http://arcc-catholic-rights.net/doctrine_of_reception.htm.

 

Disclaimer: The views and opinions expressed in this article are those of the authors and do not necessarily reflect the official policy or position of the Global Network of Rainbow Catholics / Las visiones y opiniones expresadas en este articulo son de exclusiva responsabilidad de quienes las emiten y no necesariamente reflejan la postura oficial de la Red Global de Católicos Arcoíris.

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